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DE LA DICTATURE À LA RELECTURE

«J’aime les langues et j’ai toujours été bonne en orthographe.» Margarita Voelkle, que tout le monde appelle Marga, est l’une des trois relectrices du magazine AMNESTY. De langue maternelle espagnole, elle veille, depuis près de vingt ans, à ce que la langue de Molière soit bien respectée dans les colonnes de cette publication. Un travail bénévole précieux pour les journalistes qui s’avèrent parfois tête-en-l’air… Mais ceci est une autre histoire. Celle de Marga, elle, commence en Argentine.

Née à Buenos Aires en 1963 de parents suisses, elle a treize ans lorsque la junte militaire prend le pouvoir. S’ensuivent sept années de dictature, parmi les plus sinistres qu’ait connues le sous-continent américain. Durant cette période, quelque trente mille personnes meurent ou disparaissent, selon les chiffres communément admis. Mais Marga ne s’en apercevra pas – ou presque – avant son retour en Suisse. «À l’époque, je ne m’intéressais pas à la politique, raconte-t-elle. J’étais adolescente et il y avait très peu d’informations, en tout cas dans mon milieu. Personne n’osait en parler. Parfois, j’entendais des rumeurs concernant certaines personnes emprisonnées, mais il était facile d’imaginer qu’elles avaient fait “quelque chose de louche”.»

En 1982, avec son baccalauréat du lycée franco-argentin en poche, Marga décide de couper le cordon parental. Elle s’envole pour la Suisse et retrouve ses deux frères, qui l’ont précédée en terre vaudoise. «J’ai commencé à entendre les échos de la dictature: des emprisonnements, des enlèvements, des tortures… Cela m’a beaucoup touchée. Je me suis demandé comment de telles choses pouvaient se passer près de chez nous, sans qu’on le sache.» Peu à peu, elle entend des noms qui lui sont familiers. «Certains anciens camarades de mes frères et des personnes de mon lycée avaient disparu.»

Révoltée, Marga veut agir. Lorsqu’elle entend parler d’Amnesty, elle est séduite. «Je suis devenue membre et j’ai envoyé des lettres chaque mois.» Un jour de 1995, elle lit une annonce de l’organisation. Elle s’engage alors à relire et traquer chaque faute du magazine, et plus tard aussi de toutes les publications romandes: AgirYou&AI, rapports annuels et brochures. «C’était une occasion idéale, car j’aime l’idée d’aider autrement que financièrement, mais je ne me voyais pas dans des actions de rue…» La voix fluette, elle se demande d’ailleurs si ce portrait d’elle dans le magazine est vraiment pertinent. «Mon travail pour Amnesty n’est pas très important, je le fais avec plaisir. J’aime rechercher les explications et trouver les bonnes règles à appliquer», dit-elle humblement. Au niveau professionnel, Marga travaille pour la coordination du système informatique à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.

Avoir vécu sous la dictature a certainement incité Marga à se dévouer pour les causes justes. Hormis son engagement pour Amnesty, elle est aussi devenue membre d’autres organisations, sensible aux questions écologiques et aux injustices économiques. «Enfant, si, dans une série comme Zorro, il y avait une scène de torture, je fermais les yeux et me bouchais les oreilles devant mon téléviseur en attendant que ça se termine… Aujourd’hui, je pense qu’il est important de prendre conscience de ce qui se passe. On peut ainsi voir ce qu’on peut faire et jusqu’où on arrive à agir…»

Feriel Mestiri

AMNESTY mai 2013

Appartenances collabore depuis plusieurs années avec Margarita Voelkle pour la relecture de tous ses documents importants (rapport annuel, catalogue de formation, etc.). Nous apprécions tout particulièrement la qualité et la précision de son travail, ainsi que sa rapidité et sa ponctualité. C’est un plaisir de pouvoir compter sur une personne aussi agréable et efficace!

Natacha Noverraz
Responsable communication
Association Appartenances, Lausanne