076 679 22 08 info@margatraductions.ch

Vous connaissez certainement la règle qui veut que certains mots commencent par un «h aspiré», et d’autres par un «h muet». Le «h» aspiré (même s’il n’est pas lui-même prononcé) empêche toute liaison et toute élision du mot qui le précède.

Le fait que le «h» soit aspiré ou muet vient généralement de l’origine du mot. Le «h» initial des mots d’origine germanique est plutôt aspiré, et celui des mots d’origine latine plutôt muet. Il y a quelques siècles, ce «h» était vraiment «aspiré», donc prononcé (comme en allemand ou en anglais); et, paraît-il, il est parfois encore prononcé dans certaines régions francophones.

Or pour héros, nous avons bien un «h» aspiré. On dit bien «le héros» et on ne fait pas de liaison pour «des héros»; heureusement d’ailleurs, car cela évite la confusion avec «des zéros»!

Mais pour héroïne, nous avons un «h» muet, puisqu’on dit «l’héroïne», et qu’on fait la liaison dans «des héroïnes» (de même que pour les autres mots de la même famille: héroïque, héroïsme…).

Étonnant, pour des mots de la même origine! Il fallait bien qu’il y ait une explication…

Apparemment, dans le passé, le «h» était muet dans «héros» comme dans tous les autres mots de cette famille. Mais à l’apparition du mot «zéro», on a opté pour le «h» aspiré afin d’éviter le calembour «les héros / les zéros».

Eh oui, le mot zéro en français n’existe pas «depuis la nuit des temps» (les nombres romains n’ont pas de zéro…), il a été emprunté au XVe siècle à l’italien zero, contraction de zefiro, de l’arabe sifr «vide».